Un chiffre brut, sans détour : les intérêts intercalaires continuent de courir, chantier à l’arrêt ou pas, jusqu’au dernier euro débloqué par la banque. Peu de futurs propriétaires le réalisent à temps : même si la livraison d’un bien immobilier s’éternise, les frais intercalaires, eux, ne prennent jamais de congé. Tant que la totalité du capital n’est pas versée, ces intérêts s’affichent sur les relevés, imperturbables. La bascule vers les mensualités classiques ne se fait qu’une fois l’intégralité des fonds débloqués, indépendamment de la remise des clés ou de la date d’emménagement. Des clauses parfois glissées dans le contrat peuvent prolonger ou réduire cette période, ce qui réserve parfois quelques surprises au moment de faire les comptes.
Frais intercalaires : de quoi s’agit-il et dans quels cas s’appliquent-ils ?
Derrière chaque achat en VEFA ou construction neuve se cache une mécanique bien particulière : le déblocage progressif des fonds. Le promoteur avance, il réclame. À chaque étape du chantier, un nouvel appel de fonds part à la banque, qui libère alors une partie du capital. L’emprunteur, lui, ne commence pas tout de suite à s’acquitter de la totalité de son prêt immobilier. À la place, il s’acquitte d’abord des frais intercalaires.
Ces intérêts intercalaires correspondent à la rémunération du capital déjà débloqué, et ce, bien avant que la mensualité définitive du crédit immobilier ne s’installe. Ce rouage se met en place principalement dans deux situations :
- lors d’un achat sur plan (VEFA, vente en l’état futur d’achèvement),
- ou pendant la construction d’une maison individuelle, là où les appels de fonds suivent l’avancée des travaux.
Tant que la totalité du capital n’a pas été versée, la banque ne facture que les intérêts sur les montants déjà débloqués. Cela évite à l’emprunteur d’assumer une mensualité pleine alors que le logement n’est pas encore prêt à accueillir ses valises.
Le droit français encadre ce fonctionnement : seul le dernier décaissement, autrement dit, la livraison des clés ou la fin des travaux, déclenche le remboursement du capital. À ce moment-là, les frais intercalaires s’arrêtent et la mensualité classique prend le relais. Ce dispositif, parfois jugé contraignant, apporte néanmoins une certaine souplesse à ceux qui achètent ou font construire en plusieurs temps.
Pourquoi les intérêts intercalaires sont incontournables en VEFA ?
En VEFA, tout fonctionne différemment. L’acquéreur ne pose pas ses valises dans un logement prêt à l’emploi : il investit dans un projet qui se dessine, se construit, s’ajuste mois après mois par le promoteur immobilier. À chaque étape, fondations, élévation des murs, mise hors d’eau,, un appel de fonds part à la banque, qui procède alors à un déblocage progressif du prêt.
Dans ce contexte, les intérêts intercalaires deviennent une pièce maîtresse du financement. Le capital total ne tombe jamais en une fois. Résultat : la banque ne prélève que les intérêts dus sur la partie débloquée, et ce, à chaque étape. Cette logique s’impose, car elle épouse le rythme du chantier en VEFA : le bien se construit par étapes, et l’acquéreur paie au fur et à mesure, selon ce que le promoteur a réellement livré.
Pour mieux comprendre, voici les principales phases d’une opération en futur achèvement VEFA :
- premier déblocage lors de la signature de l’acte authentique,
- versements intermédiaires pour chaque étape majeure des travaux (fondations, hors d’eau, hors d’air, etc.),
- solde final lors de la remise des clés.
À chaque étape, seuls les intérêts intercalaires débloqués sont dus. Ce système ajuste l’effort financier de l’emprunteur à l’état d’avancement du projet, sans imposer une mensualité complète tant que le bien n’est pas livré. Les prêts immobiliers en VEFA reposent donc sur cette mécanique, à la croisée des exigences bancaires et des pratiques des promoteurs.
Comment se calcule la durée de paiement des frais intercalaires ?
Le rythme des frais intercalaires épouse celui du chantier. Dès le premier déblocage du prêt immobilier, l’emprunteur commence à s’acquitter de ces intérêts particuliers. Le principe est simple : ils courent du premier appel de fonds jusqu’à la remise des clés.
Le calcul dépend de deux variables : le montant effectivement débloqué à chaque étape et la durée de chaque phase du chantier. Plus le projet avance, plus la somme totale soumise aux intérêts intercalaires augmente, car chaque étape débloque une portion supplémentaire du capital.
La durée de paiement varie selon plusieurs critères :
- le calendrier de construction, qui s’étale généralement sur 12 à 24 mois en VEFA ;
- le rythme des appels de fonds, directement lié à la progression réelle des travaux ;
- le choix d’un différé total ou partiel, négocié au moment de la signature du crédit immobilier.
Certaines banques proposent une franchise totale : pendant toute la phase de chantier, l’emprunteur ne paie que les intérêts intercalaires calculés, sans avancer sur l’assurance ni le capital. D’autres privilégient un différé partiel : les intérêts et l’assurance sont alors prélevés dès le premier appel de fonds. Pour anticiper précisément le montant des intérêts intercalaires, il suffit d’utiliser un simulateur de prêt qui prend en compte le montant débloqué, le taux et la durée prévisionnelle du chantier.
Les intérêts intercalaires cessent automatiquement dès la livraison du logement, au moment où l’emprunteur passe à la phase d’amortissement du prêt, c’est-à-dire lorsqu’il commence à rembourser le capital.
Comprendre l’impact des frais intercalaires sur le coût total de votre prêt immobilier
Les frais intercalaires s’intègrent discrètement mais sûrement dans le coût total de votre crédit immobilier. Au premier coup d’œil, ils semblent anodins, mais leur impact se fait sentir dès le début du chantier, particulièrement en VEFA ou lorsque les travaux s’étalent sur plusieurs périodes. Dès que la banque libère la première tranche, l’emprunteur paie des intérêts calculés uniquement sur la somme déjà versée au promoteur ou au constructeur. Ce mécanisme, souvent sous-estimé, finit par peser sur le total du crédit.
La durée du chantier et la fréquence des appels de fonds jouent un rôle déterminant dans l’ampleur de la note. Si le chantier prend du retard ou si les décaissements s’étalent, la somme finale des intérêts intercalaires gonfle. Plus la phase de déblocage progressif dure, plus la facture grimpe, sans pour autant diminuer le capital à rembourser ensuite.
Lorsqu’il s’agit d’évaluer la rentabilité d’un projet, il est impératif de prendre en compte l’impact sur le TAEG. Les frais intercalaires s’ajoutent à l’assurance emprunteur et aux intérêts d’amortissement, ce qui vient alourdir la mensualité lors du passage au remboursement classique. Selon le profil et le projet, augmenter son apport personnel ou négocier une franchise d’assurance réduite peut limiter la charge. Utiliser une simulation de prêt permet de visualiser, poste par poste, la véritable composition du coût total crédit.
Au final, chaque projet immobilier construit sa propre temporalité, et les frais intercalaires, eux, s’invitent à chaque étape. Pour celui qui s’apprête à signer, mieux vaut garder l’œil sur ce compte à rebours discret, qui peut changer la donne du budget bien plus qu’on ne l’imagine.


