En location, l’assurance habitation est à la charge du locataire. Cette règle, posée par la loi du 6 juillet 1989, impose au titulaire du bail de souscrire au minimum une garantie couvrant les risques locatifs : incendie, dégât des eaux, explosion. Le propriétaire bailleur, de son côté, n’est pas soumis à la même obligation, sauf situation particulière.
La répartition des coûts entre les deux parties mérite d’être détaillée, car elle varie selon le type de bail, le statut du logement et les garanties choisies.
Garantie des risques locatifs : le socle obligatoire pour le locataire
Le locataire d’un logement loué avec un bail d’habitation (y compris un bail mobilité) doit souscrire un contrat d’assurance habitation. L’obligation légale se limite à la garantie des risques locatifs, qui couvre trois types de sinistres : incendie, explosion et dégât des eaux.
Cette garantie protège le propriétaire contre les dommages causés au logement par le locataire pendant la durée du bail. Elle est systématiquement incluse dans les contrats multirisques habitation proposés par les assureurs. En cas de sinistre couvert, l’assureur règle directement au propriétaire le montant des réparations, à la place du locataire.
La garantie des risques locatifs ne couvre pas les biens personnels du locataire (meubles, équipements, vêtements). Elle ne protège pas non plus contre le vol ou les dommages causés aux voisins. Pour ces risques, le locataire doit ajouter des garanties complémentaires à son contrat, ce qui reste facultatif mais vivement recommandé.
Ce que le locataire doit fournir au propriétaire
Le locataire remet une attestation d’assurance lors de la remise des clés. Le bailleur peut ensuite en exiger une chaque année. Ce document prouve que le contrat est en cours de validité et que la garantie des risques locatifs est bien active.
L’attestation mentionne l’adresse du logement assuré, la période de validité et les garanties souscrites. Un document périmé ou ne correspondant pas au logement loué ne vaut rien.

Clause résolutoire pour défaut d’assurance : ce qui change au 1er octobre 2026
Le propriétaire a toujours eu le droit d’insérer dans le bail une clause de résiliation pour défaut d’assurance. Selon le contrat type de location, cette clause ne peut produire effet qu’après un commandement resté infructueux pendant un mois. Le locataire dispose donc d’un délai pour régulariser sa situation avant toute procédure.
D’après l’ANIL (publication du 18 septembre 2026), le contrat type de location évolue au 1er octobre 2026. Les baux conclus ou renouvelés à compter de cette date intègrent une clause résolutoire qui renforce les conséquences du défaut d’assurance. Le non-respect de l’obligation peut devenir un motif contractuel de résiliation du bail, et pas seulement une irrégularité exposant le locataire à devoir indemniser lui-même les dommages.
Cette évolution ne s’applique pas automatiquement à tous les contrats déjà en cours. Il faut vérifier la date de signature ou de renouvellement du bail avant d’évaluer les conséquences d’un défaut d’assurance.
Souscription pour le compte du locataire
Si le locataire ne s’assure pas malgré les relances, le propriétaire dispose d’une alternative à la résiliation. Il peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et lui en répercuter le coût. Le montant de la prime est alors ajouté au loyer, majoré d’une fraction pour frais de gestion.
Ce mécanisme protège le logement mais coûte généralement plus cher au locataire que s’il avait souscrit lui-même. Le propriétaire choisit le contrat et les garanties, sans obligation de consulter le locataire sur le niveau de couverture.
Assurance du propriétaire bailleur : obligation en copropriété, recommandation ailleurs
Hors copropriété, aucun texte n’impose au propriétaire bailleur de souscrire une assurance pour le logement qu’il met en location. L’assurance du locataire couvre les dommages au logement, et le propriétaire peut estimer que cela suffit.
En copropriété, la situation diffère. Le propriétaire non occupant (PNO) doit souscrire une assurance responsabilité civile couvrant les dommages aux tiers et aux parties communes. Cette obligation découle du statut de copropriétaire, indépendamment du fait que le logement soit loué ou vacant.
Pourquoi l’assurance PNO reste pertinente même sans obligation
L’assurance du locataire couvre les dommages dont il est responsable. Elle ne protège pas le propriétaire contre tous les scénarios :
- Un sinistre survenant pendant une période de vacance locative (entre deux locataires) n’est couvert par personne si le propriétaire n’est pas assuré
- Un vice de construction ou un défaut d’entretien des parties privatives relevant du propriétaire peut engager sa responsabilité civile, que l’assurance du locataire ne prendra pas en charge
- En cas de sous-assurance du locataire (garanties insuffisantes ou plafonds trop bas), le propriétaire supporte la différence s’il n’a pas son propre contrat
L’assurance propriétaire non occupant couvre ces angles morts. Son coût annuel reste modéré par rapport au risque financier d’un sinistre non couvert.

Coût de l’assurance habitation locataire : critères et fourchettes
Le prix d’un contrat multirisques habitation pour un locataire varie selon plusieurs paramètres. Le montant dépend de la surface du logement, de sa localisation géographique, du niveau de garanties choisi et de la valeur des biens à assurer.
Pour un studio ou un deux-pièces, la prime annuelle se situe généralement entre 80 € et 150 €. Un appartement de trois à quatre pièces en zone urbaine coûte plutôt entre 150 € et 300 € par an. Dans une grande agglomération ou une zone exposée aux risques naturels, la facture peut dépasser 350 € par an pour un logement spacieux avec des garanties étendues.
Ce qui fait varier la prime
- La surface habitable et le nombre de pièces du logement
- La localisation : commune, quartier, étage, présence de dispositifs de sécurité
- Le niveau de franchise choisi : une franchise élevée réduit la prime mensuelle mais augmente le reste à charge en cas de sinistre
- Les garanties optionnelles : vol, bris de glace, responsabilité civile vie privée, protection juridique
- Le capital mobilier déclaré : plus la valeur des biens assurés est élevée, plus la prime augmente
Comparer plusieurs devis avant de souscrire reste le moyen le plus fiable de trouver un contrat adapté à son logement et à son budget. Les écarts de prix pour des garanties équivalentes peuvent être significatifs d’un assureur à l’autre.
Cas particuliers : meublé, colocation et hébergement chez l’habitant
En location meublée soumise à la loi du 6 juillet 1989, l’obligation d’assurance du locataire s’applique dans les mêmes conditions que pour un logement vide. Le locataire doit couvrir les risques locatifs et fournir une attestation.
En colocation, chaque colocataire peut souscrire son propre contrat ou figurer sur un contrat commun. L’attestation doit mentionner l’ensemble des colocataires pour que le propriétaire soit assuré de la couverture de tous les occupants. Si un colocataire quitte le logement, le contrat doit être mis à jour.
Hébergement temporaire et cohabitation intergénérationnelle
Les situations d’hébergement temporaire chez l’habitant et de cohabitation intergénérationnelle solidaire ne relèvent pas nécessairement du régime ordinaire des baux d’habitation. D’après l’ANIL, la question de la personne qui doit souscrire ou financer l’assurance doit être vérifiée dans le contrat d’hébergement et auprès de l’organisme accompagnateur.
Dans ces configurations, le propriétaire occupant dispose souvent déjà d’une assurance multirisques habitation couvrant les occupants du logement. La responsabilité civile de l’hébergé peut être incluse dans le contrat du propriétaire, mais cela mérite une vérification auprès de l’assureur.
Pièges fréquents et erreurs à éviter sur l’assurance en location
Le piège le plus courant concerne le défaut d’assurance non détecté par le propriétaire. Un locataire qui ne renouvelle pas son contrat ou qui résilie sans prévenir laisse le logement sans couverture. Le propriétaire qui ne réclame pas l’attestation annuelle ne s’en aperçoit qu’au moment du sinistre.
Autre erreur fréquente : confondre l’assurance du locataire avec celle du propriétaire. Les deux contrats ne couvrent pas les mêmes risques ni les mêmes personnes. L’assurance du locataire protège contre les dommages qu’il cause au logement. L’assurance PNO du propriétaire couvre sa propre responsabilité civile et les sinistres hors périmètre du locataire.
Un locataire sous-assuré (capital mobilier déclaré trop bas, garanties minimales) peut se retrouver avec un reste à charge conséquent en cas de sinistre. Le propriétaire n’a aucun moyen de contrôler le niveau de garanties souscrit au-delà du minimum légal.
Pour savoir précisément quel contrat correspond à votre situation et à quel tarif, remplissez le formulaire de devis gratuit. Un professionnel vous rappelle pour faire le point sur vos besoins en assurance habitation.

